Sur le papier, les deux font la même chose, un arc électrique sous protection gazeuse. Dans l’atelier, ce sont deux métiers différents. L’un se prend en main en une après-midi, l’autre demande des semaines avant de sortir un cordon présentable.
La différence entre TIG et MIG tient à une seule chose, la nature de l’électrode. En MIG elle fond et devient le cordon, en TIG elle ne fond jamais et vous apportez la matière à part. Tout le reste, vitesse, gaz et difficulté, découle de ce point.
Deux procédés, deux façons de travailler
En TIG, l’électrode est une tige de tungstène qui ne fond pas. Elle sert uniquement à tenir l’arc, comme un chalumeau électrique. Vous créez le bain de fusion avec la torche dans une main, et vous trempez une baguette d’apport dedans avec l’autre, exactement comme en soudure autogène.
En MIG, le fil qui sort de la torche est à la fois l’électrode et le métal d’apport. Un dévidoir le pousse en continu, il fond au contact de l’arc et alimente le bain tout seul. Vous n’avez donc qu’une seule main occupée, et vous appuyez sur une gâchette.
Cette différence explique tout le reste. Le TIG dissocie la chaleur et l’apport de matière, ce qui donne un contrôle total mais impose une coordination difficile. Le MIG lie les deux, ce qui rend le geste simple mais laisse beaucoup moins de latitude.

Le comparatif point par point
Voici ce qui sépare vraiment les deux procédés à l’usage. Regardez surtout les trois dernières lignes, ce sont celles qui décident dans la pratique, bien plus que la qualité du cordon dont tout le monde parle.
| Critère | TIG | MIG |
|---|---|---|
| Électrode | Tungstène, ne fond pas | Fil fusible dévidé en continu |
| Métal d’apport | Baguette tenue à la main | Le fil lui-même |
| Gaz | Argon pur | Argon et CO2 sur l’acier |
| Vitesse de dépôt | Lente | 3 à 5 fois plus rapide |
| Aspect du cordon | Très propre, sans projection | Correct, quelques projections |
| Épaisseurs | 0,5 à 6 mm | 1 à 15 mm et au-delà |
| Apprentissage | Long, deux mains coordonnées | Rapide, une seule main |
| Travail en extérieur | Impossible sans abri | Possible en fil fourré |
La ligne du travail dehors est celle qu’on découvre trop tard. Le TIG protège son bain avec un flux d’argon très léger qu’un simple courant d’air disperse. Un cordon TIG raté par le vent devient poreux et gris, sans qu’on comprenne pourquoi.
Le gaz, et la confusion entre MIG et MAG
Presque tout le monde dit MIG en France, y compris les vendeurs, mais le terme exact dépend du gaz utilisé. MIG signifie gaz inerte, donc de l’argon pur, qui ne réagit pas avec le bain. On l’emploie sur l’aluminium et l’inox.
Sur l’acier ordinaire, on travaille en réalité avec un mélange contenant du dioxyde de carbone, souvent 82 % d’argon et 18 % de CO2. Ce gaz est actif et participe à l’arc, il creuse la pénétration. Techniquement, c’est du MAG, même si l’usage a gardé le mot MIG.
Retenez surtout la conséquence pratique, un mélange à base de CO2 n’a rien à faire sur de l’aluminium, il l’oxyderait immédiatement. Le TIG, lui, ne connaît qu’un seul gaz, l’argon pur, quel que soit le métal travaillé.

Lequel pour quel travail
La question ne se pose pas en termes de meilleur procédé mais de travail à réaliser. Voici comment je répartis les deux à l’atelier, et ce répartiteur fonctionne pour à peu près tout le monde.
- Portail, remorque, structure en tube, réparation agricole, tout ce qui est épais et pressé part au MIG.
- Inox fin, mobilier design, carrosserie apparente, cordon qui restera visible, c’est le TIG.
- L’aluminium demande un TIG en courant alternatif, ou un MIG spécialement équipé pour le fil mou.
- Une pièce rouillée ou peinte se soude bien mieux au MIG, le TIG exige un métal parfaitement nu.
- En extérieur ou sur chantier venté, le MIG en fil fourré reste la seule option praticable.
Si vous débutez, commencez par les postes à souder MIG. On obtient un assemblage solide dès les premières heures, ce qui n’arrive jamais au TIG, où les débuts sont franchement décourageants.
Le coût réel, à l’achat et à l’usage
À l’achat, un MIG correct revient moins cher qu’un TIG équivalent, surtout si le TIG doit être en courant alternatif pour l’aluminium. Mais le raisonnement s’inverse dès qu’on regarde ce que la machine consomme au quotidien.
Le MIG dévore du fil et du gaz en continu, avec un débit important et des pertes à chaque amorçage. Le TIG utilise très peu de gaz et une baguette ne se consomme que là où vous la trempez. Sur un usage régulier, l’écart de consommables se rattrape assez vite.
Reste la solution qui séduit beaucoup de monde, la machine combinée. Les postes à souder multi-procédés regroupent MIG, TIG et électrode dans un seul boîtier, avec un vrai bémol que je détaille juste après.

Il existe une épaisseur où le débat s’arrête net. En dessous du millimètre, sur de la carrosserie ou de l’inox mince, le TIG reste le seul procédé réellement praticable. Le MIG y dépose trop de matière trop vite et vous perce la tôle avant d’avoir compris.
L’ergonomie tranche aussi plus souvent qu’on ne le croit. Le TIG occupe vos deux mains, torche d’un côté, baguette de l’autre, et l’intensité se gère à la pédale ou à la gâchette. La pièce doit donc être bridée avant de commencer, sans exception.
Le MIG vous laisse une main libre pour tenir, presser ou ajuster. Sur un chantier, une réparation en position ou un assemblage qu’il faut maintenir, cette main disponible change complètement la façon de travailler, et pas seulement le confort.
Les pièges avant de choisir
Trois pièges reviennent systématiquement au moment de choisir, et aucun des trois ne se lit sur la fiche produit.
- Les machines combinées : beaucoup annoncent une fonction TIG qui se limite à un amorçage par contact, sans haute fréquence ni courant alternatif. Vous soudez l’acier proprement, jamais l’aluminium, et l’amorçage pollue la pointe de tungstène.
- Le facteur de marche : ce pourcentage rarement lu dit combien de temps la machine tient sans surchauffer. Un poste annoncé à 200 ampères avec 20 % ne soude que 2 minutes sur 10 à cette intensité.
- Le budget du gaz : la bouteille et son détendeur, sans lesquels ni le TIG ni le MIG classique ne fonctionnent. C’est une ligne entière que personne n’ajoute quand il compare deux prix.
C’est exactement pour ces trois raisons que je répète la même chose en atelier. Le bon procédé et l’ampérage réellement disponible comptent avant le chiffre imprimé sur la boîte.
TIG ou MIG : vos questions
Quelle est la vraie différence entre MIG et MAG ?
Uniquement le gaz. Le MIG utilise un gaz inerte, l’argon pur, pour l’aluminium et l’inox. Le MAG emploie un gaz actif contenant du CO2, pour l’acier. Le procédé et la machine sont identiques, seule la bouteille change.
Lequel choisir pour débuter ?
Le MIG, sans hésiter. Une seule main est occupée, la gâchette gère l’apport de matière, et on obtient un assemblage solide dès la première séance. Le TIG demande une coordination des deux mains qui se construit sur plusieurs semaines.
Le TIG est-il obligatoire pour l’inox ?
Non, le MIG soude très bien l’inox avec le fil et le gaz adaptés. Un poste TIG reste préférable dès que le cordon sera visible ou que l’épaisseur descend sous 2 millimètres, parce qu’il apporte moins de chaleur et ne déforme pas la pièce.
Peut-on souder dehors avec ces procédés ?
Le TIG non, son flux d’argon est trop léger et le moindre courant d’air le disperse, ce qui donne un cordon poreux. Le MIG classique souffre du même problème, mais son alternative en fil fourré autoprotégé fonctionne parfaitement en extérieur.
Lequel coûte le moins cher à l’usage ?
Le TIG, une fois la machine achetée. Il consomme peu de gaz et la baguette ne se dépense que là où vous la trempez. Le MIG déroule du fil et souffle du gaz en continu, ce qui pèse sur un usage régulier.
Un poste multiprocédé remplace-t-il les deux ?
En partie seulement. Vérifiez que la fonction TIG dispose d’un amorçage haute fréquence, et du courant alternatif si vous visez l’aluminium. Sans ces deux points, la partie TIG reste un dépannage plutôt qu’un vrai second procédé.
MarcoSoudeur d’atelier & fondateur
J’ai tiré des kilomètres de cordon à l’atelier, en MMA comme en MIG et en TIG. Un poste, ça se juge au facteur de marche, à l’amorçage et à ce qu’il encaisse vraiment sur l’acier épais, pas à la couleur du capot. Je compare ceux que je soude au quotidien et ceux que je décortique.
Mon parti pris : facteur de marche et amorçage avant tout. Un poste stable qui tient la charge vaut mieux qu’une fiche technique flatteuse.
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